Lemony Snicket’s A Series of Unfortunate Events

Mélange improbable de genres plus ou moins opposés, Lemony Snicketz révolutionne le film pour enfants grâce à un concept artistique audacieux et inventif alliant aventure initiatique préadolescente et film de Jim Carrey (oui mon bon, c’est un genre à part entière), innovant face à l’adversité Harry Potterienne tel un petit tarsier malicieux, traqué de toutes parts par les forces du mal animal mais puisant dans des ressources mentales insoupçonnées pour assurer sa survie dans une jungle hostile et chafouine. Ou alors je suis un petit menteur hypocrite, fourbe et cocaïnomane. C’est comme vous voulez.

Le film est adapté de la série de best-sellers éponymes de sieur Snicket, sorte de J.K Rowling du pauvre égomaniaque au point de s’inclure dans le scénario en narrateur dont on ne voit que l’ombre chinoise, ombre interprétée par Jude Law, toujours beaugosse et indispensable même en ombre et de profil. Accent anglais et laconisme bourgeois en proue, Jude représente la crédibilité Shakespearienne nécessaire au film et fournit le contre-poids idéal à la technique très américaine de Mr. Carrey, sans doute longuement peaufinée à l’Actor’s Studio et que chafouin.com qualifiera de confortablement extravagante pour ne pas dire chirurgicalement flamboyante.

L’histoire met en scène les trois orphelins Baudelaire dont les parents viennent, bad fucking luck homeboys, de périr dans un incendie fourbe d’origine criminelle. Poor kids. Le nom des héros n’est pas innocent, car l’univers Snicketien est intégralement d’un gothisme quintessentiel qui ravira nos lecteurs depressifs, en témoigne la censure évidente de toute couleur un tant soit peu chatoyante par un réalisateur se prenant probablement, exclusivité chafouin.com, pour un vampire ou un lémurien. Ou les deux.

Les 3 gamins se retrouvent placés par Mr Poe (Gothism Strikes Back) chez leur famille la plus proche d’un point de vue géographique selon les règles de la DDASS mystique qui semble gérer, de manière fort cheloue reconnaissons-le, ce genre de problème dans l’univers de Snicktz. Voilà donc Violet, remarquable bonnasse de 14 ans, Klaus, petit nazillon nerdy d’une dizaine d’années et Sunny, bébé-castor mordant tout ce qui lui passe à portée de dent, relogés chez le méchant Comte Olaf, bad guy de service en voulant à leur énorme héritage et, surtout, à la techa de Violet. And so the stage is set pour une série d’unfortunate events qui verra Olaf assassiner la moitié de la famille Baudelaire afin d’arriver à ses fins, meurtres perpétrés néanmoins dans une ambiance totalement bon-enfant et recommandable pour les plus petits. Olaf est sublimé par un Jim Carrey au sommet de son art, délivrant une performance mémorable à base de grimaces d’handicapé psychomoteur et armé de son inimitable élocution de Moudjahed tchétchéne ; Jimmy boy insuffle une grâce rappelant incontestablement Marlon Brando at his finest hour à Olaf et aux 17 autres personnages qu’il incarne à l’écran. Wesh, très franchement, je ne pense pas que la phrase précédente veuille dire quoique ce soit. Tout du moins en français. Peu importe.

Même si l’on déplorera que Jimmy ne produise pas l’une de ses plus fines techniques d’interprération, à savoir la communication orale par intermédiaire anal, ou bien encore l’absence regrettable de quelques petits zombies gohtiques, jamais superflus dans ce genre de film, nous ne ferons que reprendre le sournois artifice marketing de Lemony Snicket lui-même en vous conseillant de ne surtout, surtout pas aller voir le film.

par petit tarsier chafouin

Top React (3) Dec 22, 2004 4:19

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