National Treasure

La rumeur prétend que le spectateur chafouin est amateur de scénarios mystiques. Eh bien, le spectateur chafouin va être servi sa sale petite race avec National Treasure, oeuvre quasi-ésotérique et admirablement incohérente à la fois. Ancien vice-gourou du Mandarom, Jon Turteltaub confirme que the apple does not fall far from the tree en alliant Indiana Jones-like, clone cinématographique de The Da Vinci Code et film de kung fu à base de bambous volants dans ce qui se révéle être une des plus grandes performances directoriales des 30 dernières années. Nos sources anonymes nous signalent que l’information concernant l’influence hong-fu-kongaise du film pourrait éventuellement être, tout cela restant bien entendu totalement hypothétique, littéralement erronnée pour ne pas dire délibérement mensongère. Peu importe.

Nicolas Cage incarne le héros nommé, ça ne s’invente pas même sur chafouin.com, Benjamin Franklin Gates, métaphore impénétrable que chacun interprétera à sa manière. Sorte de chasseur de trésors lunatique faussement beaugosse, Nicos est persuadé de l’existence d’un classique trésor mythique de Templiers™ dont on ne peut trouver l’emplacement qu’en suivant un cleverly designed jeu de piste Franc-Maçonnique (du jamais vu) à travers les quatres coins du globe. Histoire de donner un cachet historique au film, et sans doute dans un souci de réalisme ultra-professionnel, le scénariste a décidé que la carte du trésor se trouverait au dos de la Déclaration d’Indépendance des Etats-Unis. Une audace narrative qui ne manquera pas de ravir jusqu’aux plus difficiles amateurs d’incohérence totale sans nul doute. In related news, nos toujours chafouines sources anonymes nous signalent en un rebondissement de dernière minute que la chasse se déroule à travers les USA (God bless) et non-pas comme précédemment indiqué aux quatres coins du globe ; ceci principalement en raison des réticences du producteur sioniste à négocier avec "ces gens-là".

Néanmoins, tout part encore une fois en couille lorsque Benny Gates découvre lors d’une périlleuse expédition polaire reposant principalement sur un coup de chatte monumental que la carte du trésor se trouve, comme spoilé précédemment, au dos de la Déclaration truc US. C’est alors que son associé, plus connu dans les cercles cinéphiliques sous le sobriquet de Boromir, se retourne contre lui et tente de le tuer avant de lâchement s’enfuir. Sorte de facétieux terroriste et archéologue amateur à ses heures perdues, Boro incarne incontestablement à travers ses prises de position morales toujours vertueuses (apologie du meurtre, racisme latent, accent anglais) la caution morale du film.

Dès lors, les derniers vestiges de logique s’enfuient du scénario à toute jambe. Ben décide de "protéger" (sic) le trésor en volant la bloody Declaration nonobstant les moult systèmes de sécurité protégeant son refuge trivial, ce véritable moulin qu’est l’enceinte du Congrès des Etats-Unis d’Amérique. Aidé par son traditionnel compère geek à barbiche™ qui a aisément hacké les caméras de sécurité (une formalité), ce ouf de Ben s’introduit dans le Congrès un soir de récéption mondaine déguisé en maintenance guy, se change furtivement en costard-pap’ dans les chiottes, drague la National Archivist bonnasse en 2-2, vole la putain de Déclaration en faisant la nique à Boro (qui comptait la voler au même moment, poor guy), et, cerise sur le gateau, s’enfuit en kidnappant plus ou moins la National Archivist, cette dernière étant teutonne pour des raisons inexpliquées. Ou alors qui nous auront échappé, cette dernière option n’étant certainement pas à exclure. Wesh.

Lorsque Ben et l’archiviste nazi se rendent compte qu’il n’y a absolument rien d’inscrit au dos de la Déclaration, le scénario passe en 5ème vitesse en employant un astucieux "God talked to me" W.Bushien pour signifier à notre héros qu’il faut foutre du jus de citron sur le vénérable document pour révéler la carte, qui se trouvera n’être qu’un simple indice menant à un autre indice, "nous n’en sommes qu’à 50 minutes de film" oblige. Hey, respect Ben, même le surpuissant Robert Langdon n’a pas autant d’illuminations à la minute. Bref, trésor, Templiers, terroristes facétieux, bonnasses, course-poursuites, et, écrivez-nous s’il s’avère que ce n’était que le fruit de notre imagination , zombies archéologues Shaolin, National Treasure se place en homme fort dans la course aux Oscars. Signing off from the Capitol, out !

Sortie le 22 décembre
Trailer

par petit tarsier chafouin

Top React (9) Dec 5, 2004 15:02

Don't steal templates. Or logos. Seriously man, don't.