Un long dimanche de fiançailles

SPOILER FREE

En bravant les cohortes de grabataires aussi tremblants que le sol japonais se ruant dans les salles, il est possible depuis mercredi d’admirer la dernière éjaculation visuelle de Jean-Pierre Jeunet : Un long dimanche de fiançailles, adapté du roman éponyme de Sebastien Japrisot.

Propulsé par un budget monstrueux, Un long dimanche... consacre enfin l’américanisation totale du cinéma français, processus mis en stand-by ces dernières années afin d’économiser les quelques centaines de milliers de francs nécessaires pour, l’espace d’une branlette interminable, se croire au niveau des studios Hollywoodiens.
Mystiquement persuadé qu’en 1914 les gens voient le monde à travers une sorte de filtre jaune pisse, Jeunet nous ramène dans la tranchée un peu cheap de Bingo Crépuscule ("Pourquoi pas tralala youpi"), où se retrouvent cinq jeunes soldats pleutres condamnés à mort pour avoir eu l’ABSURDE IDÉE d’échapper à la guerre. Mathilde, remplacant ici habilement la petite pute de service par le personnage d’une sale handicapée poliodiphtérique, va désespérément essayer de retrouver l’un deux, le très bêta Manech, qui, par un puzzle scénaristique tutoyant l’embrouillamini ultime, se retrouve, autant le dire tout de suite, vivant mais amnésique deux heures de film plus tard.

Parvenant avec succès à soutirer quelques larmes au spectateur chafouin grâce à la technique shrek-isante des petits yeux de tarsier tristes, Un long dimanche... excelle avant tout pour son casting, transcendé par la présence d’un détective privé se prenant littéralement pour une fouine et au nom patronymique entraînant maintes blagues désopilantes.
Poétique, mais jamais baudelairien, le dernier Jeunet est sans nul doute le Killer-ap d’Halloween. Entièrement chafouin epsilon recommended, pensez à amener vos grands-parents, si vous en avez ; cela leur rappelera, probablement avec un peu de nostalgie, les perforations héroïques de papy dans les lignes ennemies, l’époque agréable des parties de paintball au Luger (edit chafouin), la douce sensation d’un éclat d’obus dans les vertèbres...

par petit opossum chafouin

Top React (7) Oct 30, 2004 21:15

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