Lunar Park

Wesh, rentrée littéraire oblige, Chafouin.com se voit dans l’obligation de prendre en ligne de compte l’agitation pseudo-intellectuelle qui s’égosille dans les cercles très fermés de la grande littérature, congrégation d’illustres brasseurs de vent devant (freestyle grammatical wesh) l’éternel, gauchistes en décomposition sous les coups de boutoir de la reflexion sociale post-moderne de droite, bref, pour résumer en quelque formule comprise de tous, mangeurs de bébés vietnamiens à plein temps, excités en cette période de l’année par l’ouragan amphigourique d’ouvrages qui déferle dans nos librairies, pervertissant l’innocence et l’immaculée blancheur des esprits chérubins, pourtant ragaillardis par l’émergence salutaire d’une obésité croissante dans notre beau pays, menant fort heureusement au diabète, puis, conséquence logique, à la disparition pure et simple de la vue, et donc de toute faculté de lire, en bonus d’une dégénérescence des facultés motrices. Il est donc bien aujourd’hui question de littérature, sous-genre de la nébuleuse artistique, représentée ici dans son versant hypish par Bret Easton Ellis, idole geek s’il en est, et accessoirement principal dealer de coke et d’ultraviolence d’Amérique, qui revient cette année avec Lunar Park, suintant Xanax et Ritaline par les narines (wesh, ritaline par les narines), un cocktail éminemment recommandé aux légions de crétins lobotomisés prenant pour pseudonyme dans les commentaires PETITE GRIVE TROGLODYTE CLASSIEUSE ou PETIT KOALA FUMEUR D’EUCALYPTUS, commentaires d’ailleurs qui seront supprimés aléatoirement selon un algorithme mathématique tout à fait complexe formulé sur la base d’une annihilation totale de la liberté de parole, composante maîtresse des droits de l’homme dont on a, pour ainsi dire, absolument rien à branler.

Pour résumer le résumé, non seulement Ellis lève suffisamment de putes hongroises pour filer le sida à 80 millions d’africains, mais il engrange de surcroît suffisamment de thunes pour leur payer à tous la trithérapie et sniffe suffisamment de coke pour garantir le plein-emploi mexicain jusqu’en 2089 ; néanmoins, pour ce qu’il en a à foutre, Ellis balance tout ça d’un dédaigneux revers de la main et se réinvente darron d’un fils illégitime dans un redstate pourri de la manufacturing belt. Ellis nous précise dès lors que tout ce qui va suivre est entièrement vrai, non-altéré, ce que le fanboy naïf ne demande qu’à le croire. Pourtant, à la simple lecture des dix pages qui suivent, il semble textuellement indéniable qu’Ellis a un problème d’hypothalamus d’une ampleur assez colossale. Il ne faut pas attendre un chapitre pour le voir flipper d’une putain de poupée creepy en peluche. Il ne faut pas attendre plus de deux chapitres pour que cette même poupée creepy ne se mette à raisonner par elle-même, à descendre un fifth de vodka, et à courser notre Ellis à l’alcootest décidément irréprochable dans une McMansion de 800 étages, avec jacuzzi à propulseur thermonucléaire et arrosage automatique à lanceur de bambous empoisonnés, tout ceci étant, comme l’auteur le précise en exergue, incontestablement véridique. Hey, chapeau mec, même Dan Brown n’a pas osé nous faire avaler le jacuzzi thermonucléaire.

En conclusion, le dernier roman d’Ellis est un très mauvais livre. C’est même, à proprement parler, une sacrée merde. Il n’en est pourtant pas moins l’un des piliers de cette rentrée littéraire, dont il serait imprudent de faire l’impasse, notamment du fait qu’il demeure à ce jour la campagne de prévention la plus aboutie : ne prenez pas de cocaïne les enfants.

par petit opossum chafouin

Top React (10) Sep 10, 2005 20:56

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